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07/05/2010

courts métrages 2

LE RETOUR DE BATON

Après la lecture d’un article intitulé: «RED ON ORANGE», Martin Maxwell est fou de rage. Il se trouve à soixante ans dans une chambre d’hôpital militaire, fatigué, maigre, son visage rendu rond par l’effet d’une calvitie. Il se rapproche de la fenêtre, aperçoit la cour de l’hôpital militaire et se souvient d’une remise de médaille militaire, pour récompenser un haut fait d’armes.

Il nous reparle de son haut fait d’armes. Sur les ordres de gradés, il avait dû, avec son lieutenant et quelques hommes, rechercher et éliminer un sniper Vietcong qui s’amusait à harceler les militaires, en tirant jour et nuit vers le camp, sans toucher aucun soldat.

Alors qu’il avançait, avec d’autres unités, vers les positions ennemies, des avions US déversaient des bombes et torpilles au napalm qui dégageaient d’étranges nuages orangés. Son unité est la première à repérer l’antre du harceleur et à l’inspecter, quand elle tombe dans une embuscade. Pour sauver sa vie, le lieutenant s’engouffre dans le tunnel du Vietcong et Max fait semblant d’être mort. Un dernier passage des avions US et deux bombes réduisent à néant la troupe Vietcong qui s’enfuit. Le lieutenant ressort de sa cachette, Max se relève. Des mots, des insultes, des promesses de cour martiale, une rafale de mitraillette. Le lieutenant meurt et Max s’affale de fatigue, juste avant l’arrivée d’une autre unité G.I.

C’était là le vrai déroulement de son fait d’armes. Mais une sorte de justice divine l’avait rattrapé depuis. Une intoxication, une maladie pernicieuse qui le poursuivait depuis sa démobilisation. Là, il était fou de rage, car l’article qu’il venait de lire lui apprenait les raisons de son incurable maladie : une intoxication à la dioxine, provoquée par les effets nocifs d’une arme chimique utilisée par l’armée américaine, lors du conflit vietnamien.


SOUS LA PLEINE LUNE

Un homme, vêtu d’un costume du 17éme siècle, se promène, à la tombée de la nuit, dans la forêt. La Lune pleine commence à trouver sa blancheur naturelle. L’homme prend des notes sur un écritoire, après avoir ausculté quelques arbres. Proche d’une clairière baignée par la clarté de la lune, il s’arrête et s’allonge à quelques mètres d’un étang. Il se repose, quand il assiste à une scène curieuse : un agneau lape un peu d’eau et se fait attaquer par une volée de chauve-souris. Emu par la scène violente et rapide, l’homme quitte son point d’observation et s’en retourne rapidement chez lui.

Il passe toute sa nuit à écrire. On découvre, en le quittant, une plaque apposée à l’entrée de sa cabane en bois de service sur laquelle est inscrit :

« Résidence allouée au chargé royal des eaux et forêts
Monsieur Jean de Lafontaine »

LE TRAIN TRAIN.

Depuis qu’il a fait fortune en créant un site Internet et en le revendant très cher, Victor Mansard s’est coupé de tous ses collaborateurs de travail, collègues, amis et de sa tendre amie, Myriam.

Depuis, pour oublier son désœuvrement, chaque week-end, il s’offre des sorties en boîte où danses, alcools, drogue et sexe font mauvais ménage. De ces soirées, il n’en retire que des impressions éphémères de plaisirs et de désolation. Ses conquêtes sont vite oubliées et reléguées dans un recoin confus de sa mémoire, pour passer à d’autres expédients, expériences et vives émotions.

Lors d’une de ses dernières virées, il se réveille dans un appartement sombre qu’il ne reconnaît pas. Il se souvient vaguement avoir levé une jeune femme et passé la nuit avec elle. Avait-il conclu ? Il n’en sait plus rien ! La fille, sous des couvertures, semble dormir profondément et il ne veut pas la réveiller. Il en profite pour sortir rapidement de l’appartement et de trouver la gare de banlieue qui lui permettrait de retourner vers la capitale, de se retrouver chez lui.

En prenant le train très tôt, il se remémore la vie de travailleur de son père qui adoptait ce genre de moyen de transport sordide, marqué par certains actes délictueux de jeunes loubards. C’était une des raisons pour lesquelles il a toujours voulu réussir et fuir la banlieue.

A un arrêt, des sauvageons montent dans le train et perturbent la tranquillité du wagon. Ces jeunes racailles harcèlent une jeune femme et Victor a le malheur de s’interposer. Lui, qui, lors de ses virées, abusait d’alcools, de drogues et de sexe et laissait ses conquêtes aussi mortes qu’une tombe, venait de succomber à un violent coup de couteau, assené par un de ces délinquants de banlieue, banlieue qu’il avait voulu toujours fuir.

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